Les poissons profonds classés comme « espèces menacées » par l’UICN

L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) vient de publier la première évaluation exhaustive de l’état de santé des poissons des mers européennes[1] et conclut que deux des trois espèces ciblées en eaux profondes, principalement par la flotte de pêche d’Intermarché, sont menacées d’extinction ! Le grenadier de roche (Coryphaenoides rupestris) s’avère ainsi être « en danger d’extinction » au niveau régional selon les critères[2] de la Liste Rouge des espèces menacées tenue par l’UICN, et la lingue bleue (Molva dypterygia) est évaluée comme étant « vulnérable ».

Le grenadier de roche et la lingue bleue rejoignent ainsi officiellement le panthéon des espèces les plus menacées de la planète, au même titre que le panda géant ou le léopard des neiges. Certains poissons capturés en eaux profondes par les filets non sélectifs des chalutiers, comme les requins profonds, sont également menacés d’extinction, notamment le requin chagrin Centrophorus granulosus considéré en danger critique d’extinction.

L’évaluation de l’UICN porte un coup de grâce aux pêcheries profondes, déjà condamnées par les chercheurs comme étant les pêches les plus destructrices de l’Histoire en raison de leur impact sur les organismes millénaires des grandes profondeurs. « Les enseignes de la grande distribution comme Leclerc, Auchan, Système U et Intermarché n’ont plus d’autre choix éthique que de cesser immédiatement et définitivement toute commercialisation de poissons profonds, à moins qu’elles soient à l’aise avec l’idée de vendre à leurs clients des espèces aussi menacées que le panda géant » commente Claire Nouvian, fondatrice de BLOOM. « Intermarché ne pourra pas ignorer cette évaluation qui signe l’arrêt de mort des pêcheries profondes » enchérit Charlène Jouanneau de BLOOM. « Si le label Marine Stewardship Council (MSC), qu’Intermarché a sollicité pour certifier comme « durables » leurs pêches profondes, ne cesse pas immédiatement l’évaluation entamée en début d’année 2015, c’est qu’il ne mérite pas la confiance des citoyens. »

A la lumière de ces nouveaux éléments, BLOOM encourage la ministre de l’écologie Ségolène Royal à revoir d’urgence la position du gouvernement français sur le règlement « pêche profonde », actuellement débattu au sein du Conseil de l’Union européenne, et à soutenir sans équivoque l’interdiction d’une méthode de pêche -le chalutage profond- qui, en moins de trois décennies, a détruit un patrimoine naturel millénaire et mené les principales espèces capturées à l’extinction. « Il en va de la crédibilité de la France sur la scène internationale » conclut Claire Nouvian.

 

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Note : Cette évaluation de l’UICN conforte les conclusions d’un séminaire scientifique organisé par BLOOM en 2011 précisant que les pêches profondes au chalut ne seraient jamais durables en Atlantique Nord-Est étant donné l’effort de pêche trop important déployé dès le début de ces pêcheries ciblant des espèces peu résilientes dans des écosystèmes notoirement fragiles.[3]

Catégories de la liste rouge UICN. Les espèces capturées en eaux profondes par les chalutiers de la flotte d’Intermarché (la Scapêche) sont indiquées sur la droite.

[1] A. Nieto et al. (2015) European red list of marine fishes. Global Species Programme and IUCN European Regional Office, publié par la Commission européenne, Bruxelles (Belgique). iv + 81 p. Disponible à : http://cmsdata.iucn.org/downloads/iucn_european_red_list_of_marine_fishes_web_1.pdf.

[2] UICN (2012) Catégories et critères de la liste rouge UICN : version 3.1. Deuxième édition. Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), Gland (Suisse). vi + 32 p. Disponible à : http://www.uicn.fr/IMG/pdf/UICN_2012_Categories_et_criteres_Liste_rouge.pdf.

 

[3] L. Watling et al. (2011) Can ecosystem-based deep-sea fishing be sustained. The University of Maine, School of Marine Sciences, Orono, ME (USA). 84 p. Disponible à : http://digitalcommons.library.umaine.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1144&context=sms_facpub.

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